À Saint-Denis – Quand la mairie et l’État font l’amalgame entre squat et terrorisme

Réponse de mal-logés à la Mairie de Saint-Denis suite aux attaques formulées envers les « squatteur-euses » :
Aujourd’hui, alors que l’opération policière prenait fin, l’adjoint au maire de Saint-Denis a déclaré que l’appartement où étaient hébergés les terroristes rue du Corbillon à Saint-Denis était un squat, fausse info reprise en boucle par tous les médias. En effet, le procureur de la République a mentionné des « logements conspiratifs » loués à Saint-Denis et ailleurs.
Derrière ce discours – associant « squat » à « terroriste » – se cache une malhonnête tentative de semer la confusion et de criminaliser les squats de Saint-Denis et leurs occupants.

Non, un appart loué, prêté, ou utilisé par plusieurs personnes n’est pas un « squat » !

Un squat est un bâtiment laissé vide par des propriétaires et réquisitionné par des mal-logés, victimes des politiques de rénovation urbaine, des expulsions et de la misère sociale. Le mot « squat » a donc un sens politique.

Mardi 17 novembre, à 8h du matin, le RAID a débarqué dans deux maisons du quartier Moulins à Lille (Nord), ce n’était pas une opération anti-terroriste, il s’agissait d’en expulser ses occupants.
Non, les squatteur-euses ne sont pas des terroristes. Ce sont des mal-logés.
« Ce n’est pas ordinaire d’utiliser ces forces-là pour ce type de missions, confirme une source policière. Mais comme elles sont actuellement très mobilisées, on en profite pour se servir du matériel qu’elles détiennent. » Doit-on craindre que l’utilisation de « ces forces » deviennent « ordinaire » ?
Nous jugeons cette opération complètement disproportionnée.

La prolongation de l’État d’Urgence amènera-t-il ce genre de situation à se répéter ?

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Verra-t-on la même chose à Saint-Denis ? Derrière le cynisme, la brutalité des actes, nous dénonçons la mairie de Saint-Denis qui soutient les propriétaires, qui expulsera l’Attiéké – menaçant les 40 personnes habitantes de se retrouver à la rue – et qui laisse faire les expulsions sur la ville et a même diligenté les expulsions, comme l’immeuble de Guantanamo il ya deux ans avec qui nous nous sommes mobilisées.

Nous dénonçons cette mairie qui met en place la rénovation, qui fait l’épuration sociale, qui instrumentalise les événements de la journée pour attaquer les occupants des squats de la ville.

Nous dénonçons cette propagande d’État qui vise à criminaliser les squatteurs et touTEs celles et ceux qui luttent pour leur droit à vivre dignement.

Coordination des Groupes Anarchistes – Région Parisienne, Saint-Denis, 18 novembre 2015.

Auteur de l’article : CGARP

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