État et patronat organisent le chômage et la précarité. Reprenons l’offensive !

La Coordination des Groupes Anarchistes – Région parisienne appelle à rejoindre la manifestation contre le chômage et la précarité samedi 5 décembre à Paris (14h place de Stalingrad) à l’initiative d’organisations de lutte des sans-emploi et des précaires. À l’heure où le chômage explose et nos conditions de travail se dégradent, il est grand temps de reprendre l’offensive !

État d’urgence… sociale !

Tandis que médias et politiciens s’agitent pour savoir quelle est la meilleure façon d’appliquer le programme ultra-sécuritaire et liberticide promis par le gouvernement, la question sociale est plus que jamais d’actualité. Avec plus de 10,2 % de chômeuses et chômeurs (un record depuis juin 1997), les travailleuses et travailleurs, avec ou sans emploi, continuent de subir de plein fouet la crise économique dans laquelle nous sommes plongé·e·s depuis 2008. C’est une sévère douche froide pour le gouvernement, qui se vantait au mois d’octobre d’avoir contribué à baisser le chômage le mois précédent alors que cette légère baisse était principalement liée au recours massif d’intérimaires et de CDD par les entreprises…

Si, en tant qu’anarchistes, nous ne défendons pas le travail tel qu’il est organisé aujourd’hui, force est de constater qu’une situation de chômage peut être désastreuse sur le plan financier mais aussi social dans une société où le travail occupe une place centrale (par exemple, un bon nombre de prestations sociales sont conditionnées par l’occupation passée ou présente d’un emploi). Entre les fins de mois difficiles, le renforcement des contrôles des chômeuses et chômeurs opérés par Pol(ice) Emploi et la CAF, la peur de perdre ses droits (quand on en a) ou encore batailler pour obtenir un petit boulot payé au lance-pierre, la vie d’une personne au chômage n’est pas un long fleuve tranquille !

La précarisation généralisée du travail

Depuis qu’il est au pouvoir, le gouvernement socialiste s’applique à casser méthodiquement le droit du travail, pour permettre aux patrons de bénéficier d’une main-d’œuvre flexible et corvéable à merci. Pacte de responsabilité, ANI, Loi Macron, Loi Rebsamen, diminution des APL, exonération de cotisation sociales, etc. : les attaques ne manquent pas contre les travailleuses et les travailleurs ces dernières années.

Le projet économique et social du gouvernement, comme celui des précédents gouvernements, est limpide : faire en sorte que les travailleuses et les travailleurs soient considéré·e·s comme une simple variable d’ajustement, un « coût », qui ne doivent pas entraver la marche vers le profit. État et patronat souhaite la mise en place d’un travail précaire (dans le jargon patronal on dit « flexible »), ce qui signifie rien de plus que l’insécurité sociale permanente pour toutes et tous.

Pour appliquer ce programme applaudi jusqu’au Medef, le gouvernement ne recule devant rien et méprise les salarié·e·s qui se mobilisent pour leur emploi et leurs conditions de travail, comme celles et ceux d’Air France traité·e·s de « voyous » et traîné·e·s devant les tribunaux.

Face au chômage et à la précarité, ni élections, ni résignation : solidarité entre les travailleuses et les travailleurs !

En fin de compte, le chômage est l’arme des patrons puisqu’il permet d’une part de mettre la pression sur ceux et celles qui ont un travail, en agitant la menace du licenciement, et d’autre part d’appauvrir la population sans emploi. À ce jeu-là, nous sommes tout·e·s perdant·e·s !

Le chômage et la précarité ne sont pas des fatalités. Pour mettre un frein à cette logique mortifère, il faut renforcer la solidarité de classe entre chômeuses/chômeurs et salarié·e·s. Des luttes existent dans et en dehors du monde du travail, mais elles sont encore trop isolées et manquent de soutien populaire.

À la veille des élections régionales, où politiciens de tout bord vont nous abreuver de leurs belles promesses, il est plus que temps d’affirmer que la solution réside dans notre capacité à s’organiser et dans notre détermination à faire entendre un projet de société égalitaire et libertaire. Les élections ne sont pas la solution : elles font partie du problème !

Ne tombons pas non plus dans le piège nationaliste de l’état d’urgence et de la guerre : continuons à promouvoir la convergence des organisations populaires contre la dictature patronale. Prenons conscience de notre force, et refusons la résignation !

Tract manif chômage

Auteur de l’article : CGARP

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