Brisons le silence : Femmes partout, Résistance partout

Texte de présentation du Front Antipatriarcal – groupe anarchaféministe de la CGA Région Parisienne.

Anarchafem-2Aujourd’hui, alors que les violences contre les femmes se multiplient, que les actes fascistes et racistes se répandent, nous nous révoltons.

Nous, anarchaféministes du Front Antipatriarcal (groupe anarchaféministe de la CGA-RP), nous battons pour nous et nos sœurs, pour les 150 femmes assassinées, pour celles suicidées terrassées par la violence des hommes, pour les 250 000 femmes violées tous les ans.

Nous nous battons pour faire voler en éclat nos prisons. Chaque femme assassinée est notre révolte.
La violence contre les femmes c’est la violence physique et psychologique (qui va du harcèlement au viol et au féminicide), c’est la violence sociale et économique (exploitées au travail et à la maison, enfermées dans le rôle de mère et d’épouse, lesbophobie, transphobie, contrôle de nos déplacements et de nos vies), c’est la violence raciste (contre les femmes sans-papières, contre les femmes subissant l’islamophobie et les autres formes de racisme, notamment l’antisémitisme).

Notre poing est levé

Notre poing est levé contre la triple oppression qui nous frappe : celle des patrons, des hommes et de l’État. Les femmes sont balancées entre paies minables et contrats précaires, entre chômage et temps partiels. Notre travail n’est pas reconnu, notre exploitation nous accable : nous travaillons gratuitement en moyenne 24h par semaine pour le ménage, éduquer les enfants, faire les courses.

Notre poing est levé contre les hommes violents, les fascistes et les États qui les protègent. La première nécessité, pour nous les femmes, c’est de ne plus subir les violences, qui nous enferment, nous mutilent, nous jettent dans le silence. Les femmes ne seront jamais libres tant que la violence masculine pèsera, tant que la culture du viol sera partout présente, tant qu’on ne nous fera exister qu’en tant qu’objets.

Notre poing est levé contre le patriarcat, système d’oppression millénaire qui organise la domination des hommes sur les femmes : par l’éducation , par le système de violence contre les femmes, les minorités sexuelles et de genre, par le travail domestique gratuit ou salarial mal payé, par la culture du viol et la contrainte à l’hétérosexualité.

L’État c’est le pouvoir. Il sert les hommes et leur donne tout pouvoir sur nous. Si les femmes ont pu lui arracher des droits (avortement, contraception…), il n’en reste que l’État protège les hommes violents.

L’État est l’ennemi des femmes parce qu’il diffuse le nationalisme. Et le nationalisme c’est la guerre contre toutes, il divise les peuples, il divise les femmes et trace les frontières avec leur sang et le viol de nos sœurs. Combien de viols de guerre, combien de féminicides dans ces guerres de « nations » ?
Notre poing est levé contre le poison capitaliste, le patriarcat, le système raciste. Notre lutte ne tourne pas le dos aux luttes de classe et aux luttes antiracistes. Nos luttes sont aux croisements des oppressions et n’en oublient aucune. Nous nous reconnaissons dans le combat du blackfeminism qui défendait que toute personne peut être écrasée par des oppressions de classe, racistes et sexistes. Ces oppressions, en plus de s’entrecroiser, se renforcent mutuellement. Face à cela, notre réponse est le développement d’un féminisme populaire dénonçant le système de privilèges pour les personnes blanches.

Quand les femmes se lèvent, le peuple avance

Nous ne voulons pas plus de pouvoir que les hommes. Nous voulons qu’ils n’aient plus aucun pouvoir sur nous. Notre lutte s’inscrit dans le mouvement d’autodéfense internationale des femmes.

Nos luttes résonnent avec la force des Mujeres libres, femmes anarchaféministes qui se sont organisées en Espagne et ont combattu pour l’émancipation de toutes, la révolution sociale et le fascisme.

Nos luttes résonnent avec le combat exemplaire des groupes non-mixtes de femmes majoritairement kurdes (YPJ) qui luttent pour l’émancipation des femmes, pour le confédéralisme démocratique et contre les hommes violents et l’État-nation.

Nous nous reconnaissons dans le combat des femmes dans les luttes du travail comme celui de Lucy Parsons, femme noire anarchiste syndicaliste engagée dans les syndicats révolutionnaires IWW.

Nous nous reconnaissons dans la lutte des femmes anarchistes en Turquie (Anarsist Kadinlar) et au Chili (La Alzada).

Nous, anarchaféministes, appelons toutes les femmes à venir dans la rue, à se souvenir de toutes celles qui nous ont été arrachées. Nous appelons les femmes à s’organiser et à lutter ! Nous agissons pour un monde libre où l’égalité sociale sera le maître mot. Nous agissons pour la révolution sociale. Pour cela, nous défendons un anarchisme et un féminisme révolutionnaires et populaires.

Nous lutterons jusqu’à ce que plus aucune femme ne soit assassinée, jusqu’à la révolution sociale et féministe.

Pour un Féminisme populaire, vive la lutte des femmes ! Rejoignez-nous !

frontlutteantipatriarcal[a]gmail.com

Auteur de l’article : CGARP

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