Le 19 octobre et après : élargir la grève dans tous les secteurs !

Une attaque frontale contre les travailleurs et les travailleuses…

Comme prévu, la présidence d’Emmanuel Macron est marquée par une attaque sans précédent contre les droits des salarié-e-s. Cette offensive libérale, d’inspiration thatchérienne et adoubée par le Medef, renforce le pouvoir patronal et précarise les salarié-e-s. Les objectifs des ordonnances sont clairs : mettre les salarié-e-s seul-e-s face à leur patron, notamment en affaiblissant toujours plus les syndicats ; réduire par tous les moyens de ce qu’ils appellent le « coût » du travail (nos salaires, nos systèmes d’entraide) ; imposer la précarité pour tout en multipliant les plans sociaux (suppression des contrats aidés et de postes de fonctionnaires).
Pour y parvenir, l’État planifie de briser les résistances qui s’élèvent et pour cela en éliminant les secteurs de travail combatifs (mettre le rail à genou avec la réformes de la SNCF et des régime spéciaux….)
Ces attaques ne sont que l’aboutissement d’un processus plus général d’une crise du capitalisme, entrainant l’accélération de la lutte des classes.

… qui en prépare d’autres

C’est tout le système de mutualisation, issu des conquêtes ouvrières que l’Etat envisage de liquider : assurance chômage, retraites… la liste est longue sur un temps court des destructions programmées de nos systèmes d’entraide et de défense.
Les capitalistes tentent de réduire l’accès au logement, supprimer les solidarités et pousser à la survie un plus grand nombre de travailleurs-euses. Par la suppression d’une partie des APL, par la destruction programmée du logement social, l’Etat veut nous laisser seul-e-s à la merci des propriétaires vautours. Et ils l’ont bien compris : briser nos capacités à se loger correctement, c’est rogner nos capacités de résistance.

Maintenir l’ordre social par la répression

L’état d’urgence est l’ennemi des travailleurs-euses, des minorités et des militant-e-s. L’état d’urgence a été rendu permanent par le passage de tous ses dispositifs dans le droit commun avec l’adoption d’une nouvelle loi anti-terroriste, résultante logique d’une fuite en avant sécuritaire.
Cette législation d’exception vient renforcer l’appareil de contrôle de classe, l’appareil raciste d’État. Elle tente de prévenir toute contestation, tout en affermissant les oppressions et la logique du diviser pour mieux régner. La légalisation du contrôle au faciès, l’amalgame migration et terrorisme viennent renforcer la domination raciste d’Etat, dans un contexte où les crimes racistes de la police se multiplient.
Le procès politique dit de la « voiture brûlée », entraînant l’emprisonnement pour plusieurs années de camarades, est à l’image du plan d’attaque du pouvoir contre notre classe sociale.

Construire les solidarités et l’unité syndicale à la base

Face à ce cauchemar capitaliste et à ces régressions sociales, les travailleuses et les travailleurs doivent s’organiser sur des bases de classe et de masse. Dans les entreprises et les services, dans les universités, les lycées et les CFA, dans nos quartiers, nous devons construire et renforcer les solidarités à la base. C’est ce travail quotidien qui permettra la réussite et l’élargissement de la grève dans la durée, et non pas des appels incantatoires finalement peu suivi d’effet, aussi radicaux soient-ils. Il n’y a pas de fatalité ! Souvenons-nous des luttes contre le plan Juppé en 1995 et contre le CPE en 2006 qui ont fait reculer les gouvernements.

Gagner pour ne plus subir

Après des années de régressions sociales et d’éclatement du salariat, le défi est immense mais pas impossible. C’est pourquoi, pour gagner et avant que le défaitisme gangrène notre camp social, il faut reprendre confiance en nous-mêmes autour de méthodes de lutte plus offensives comme les occupations des lieux de travail ou les blocages des centres économiques névralgiques.
Les quelques victoires, aussi maigres soient-elles, obtenues par les dockers et les routier-e-s montrent que nous pouvons faire reculer le gouvernement. Gagner sur les ordonnances mettrait un coup d’arrêt certain à l’offensive capitaliste et d’inverser rapport de force.

L’autogestion des luttes aujourd’hui… et de toute la société demain

Cette lutte contre les ordonnances est une étape dans la construction d’un mouvement social de classe visant à la transformation directe de la société. C’est à partir des mouvements sociaux que doit se construire la gestion directe et égalitaire de la société, de la production et de la distribution des biens et des services. Dès maintenant, au sein des luttes, faisons l’apprentissage de décider et gérer collectivement les mobilisations ; pour demain, prendre en charge le fonctionnement de la société débarrassée du capitalisme et de l’État.

Auteur de l’article : CGARP

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